Skip to main content

En Belgique, plus d’un million de personnes accompagnent régulièrement un proche en perte d’autonomie, malade ou en situation de handicap. Ce sont des parents, des enfants, des conjoints, des frères et des sœurs. Ils consacrent chaque jour du temps et de l’énergie à aider un proche.

Ils organisent des rendez-vous médicaux et assurent les déplacements. Accompagner les démarches administratives, apporter une présence rassurante, coordonner les soins : leur engagement prend de nombreuses formes. Souvent discret, parfois méconnu, il est essentiel au maintien à domicile et à l’autonomie de nombreuses personnes.

À l’occasion de la Semaine des aidants proches, je rappelle une réalité trop souvent oubliée : ceux qui prennent soin des autres ont aussi besoin que l’on prenne soin d’eux.

Un engagement essentiel, mais qui a un coût

Être aidant proche ne se limite pas à donner un coup de main de temps en temps. Pour beaucoup, cet engagement dure des années. Il s’ajoute aux responsabilités professionnelles, familiales et personnelles.

L’aidance fatigue le corps et l’esprit. Elle isole et réduit le temps consacré à soi. Parfois, elle pèse aussi sur la vie professionnelle : certains aidants adaptent leurs horaires, réduisent leur activité ou renoncent à des projets personnels.

Les aidants s’engagent par amour et par solidarité. Cet engagement ne doit pas les conduire à l’épuisement. Le système ne peut pas les considérer comme une ressource inépuisable sans leur apporter un soutien suffisant.

Les aidants complètent le travail des professionnels de la santé et de l’accompagnement. Ils ne doivent jamais les remplacer au point de rester seuls face à des responsabilités trop lourdes.

Le répit n’est pas un luxe, c’est une nécessité

Pour accompagner un proche dans de bonnes conditions, l’aidant doit pouvoir souffler. C’est tout l’enjeu du répit : prendre du temps pour soi, se reposer, préserver sa santé et retrouver une vie personnelle.

Pour cela, l’aidant doit pouvoir compter sur une autre personne ou sur un service adapté qui prend le relais. Encore faut-il qu’il connaisse les dispositifs existants, qu’il y accède facilement et qu’il trouve une solution adaptée à sa situation.

Le soutien aux aidants proches repose donc sur trois leviers : une meilleure information, une orientation plus simple vers les services disponibles et une offre de répit plus diversifiée et plus accessible.

Les aidants doivent pouvoir demander de l’aide avant d’atteindre leurs limites, et pas seulement quand l’épuisement s’est déjà installé.

Mieux accompagner celles et ceux qui accompagnent

À Bruxelles, comme ailleurs, les acteurs de la santé, les services sociaux, les communes et les associations doivent mieux se coordonner. Les aidants doivent identifier facilement leurs interlocuteurs et obtenir des réponses adaptées à leurs besoins.

Des points de contact clairement identifiés, notamment dans les hôpitaux et les communes, aideraient les aidants. Une information plus claire sur les aides et les solutions de répit les soutiendrait aussi. Ils n’auraient plus à entreprendre seuls toutes les démarches.

Reconnaître l’engagement des aidants, c’est aussi tenir compte de leurs besoins. Quand ils préservent leur santé, leur vie sociale et leur équilibre personnel, ils améliorent l’accompagnement qu’ils offrent à leurs proches.

Prendre soin des aidants, c’est prendre soin de notre société

La solidarité familiale et citoyenne est précieuse. Elle ne peut pas reposer uniquement sur le dévouement individuel. Elle a besoin de solutions concrètes, accessibles et adaptées à la réalité de chacun.

Les aidants proches méritent d’être reconnus, écoutés et soutenus tout au long de leur parcours. Nous devons mieux les informer, faciliter leur accès aux dispositifs existants et développer des possibilités de répit. Ils pourront ainsi souffler avant que la fatigue ne devienne insurmontable.

Aider un proche ne devrait jamais signifier tout assumer seul. Prendre soin de ceux qui prennent soin des autres est une responsabilité collective. C’est un engagement indispensable pour une société plus humaine et plus solidaire.

Share